Selon l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS), en 2000, 278.000 nouveaux cas de cancer ont été décelés contre 170.000 en 1980, soit une progression de 63%. Troisième cause de mortalité infantile, leur incidence a augmenté de l’ordre de 1% par an sur la classe d’âge de 1 à 19 ans. Avec 150 000 décès par an, la France détient le triste record européen du nombre de mort par cancer, avec une moyenne de 20 % supérieure à celle de ses voisins. Sur le front des maladies cardio-respiratoires le tableau n’est guère plus satisfaisant. Pour la seule affection de l’asthme, on compte entre 2,5 et 3 millions de personnes atteintes. Alors qu’il y a 15 ans, sa prévalence était de 2 à 3 % chez l’adulte, elle se situe actuellement entre 5 à 7 %, et entre 10 à 15 % chez les jeunes de 13 à 24 ans. La liste est encore longue au chapitre des signaux inquiétants : chute en moyenne de 50 % du compte spermatique chez les hommes occidentaux en moins de deux générations, augmentation des affections neurologiques et des atteintes du système immunitaire…
Or, ni le facteur héréditaire, ni le vieillissement de la population, ni même la consommation d’alcool ou de tabac ne peuvent expliquer cette véritable épidémie de cancers ainsi que les évolutions alarmantes de ces autres pathologies, phénomènes constatés actuellement dans l’ensemble des pays industriels. Aujourd’hui les effets des pollutions de l’environnement sur la dégradation de la santé sont reconnus de façon unanime, au premier rang desquels se trouve notre exposition chronique aux substances chimiques.
Héritage de 50 ans de développement industriel intensif, les citoyens des sociétés occidentales sont maintenant soumis à des cocktails de polluants sans précédent. Cette empreinte toxique est présente non seulement dans tous les milieux (sol, air et eau) dans bon nombre de produits manufacturés de grande consommation mais aussi tout le long de la chaîne alimentaire.
En appui du plan national Santé et environnement (PNSE), visant notamment à améliorer les connaissances sur les substances chimiques et leur contrôle, cette journée est destinée à accélérer la réhabilitation en France de la santé environnementale, en tant que pivot de toute politique de prévention en matière de santé publique. Elle s’inscrit également en résonance de l’appel de Paris, lancé au printemps par l’Association française pour la recherche Thérapeutique Anti-cancéreuse (ARTAC), afin d’alerter et de mobiliser l’opinion sur les dangers sanitaires de la pollution.
La matinée de ce colloque réunira les plus éminents spécialistes du corps médical, dont le Professeur BELPOMME, président de l’association ARTAC et porte parole de l’appel de Paris, ou encore le Professeur ZMIROU-NAVIER, membre de la Faculté de médecine de Nancy, pour dresser un état des lieux précis des dernières évolutions par grande famille de pathologies. La grande vulnérabilité des plus jeunes aux effets des pollutions méritait une place toute spéciale, c’est pourquoi, une table ronde sera aussi entièrement consacrée à la santé de l’enfant.
L’après-midi sera dédié aux mesures à prendre par les pouvoirs publics pour assurer une plus grande sécurité sanitaire, notamment au travers de l’information du consommateur et de l’étiquetage des produits de grande consommation. Industriels, hauts responsables politiques et administratifs et représentants de la société civile débattront également des moyens à mettre en œuvre pour diminuer efficacement l’empreinte de la chimie industrielle sur l’environnement. Jacques MOPIN, Vice-président de l’UFC-Que choisir ? et Président de la Commission Santé et Jacques BONS, Directeur médical et des affaires réglementaires de GlaxoSmithKline seront, entre autres, au nombre des intervenants.
Au moment où le projet de directive européenne REACH, concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques ainsi que les restrictions applicables à ces substances semble accuser un certain retard et en amont de l’adoption par la France de la Charte de l’environnement, dont l’article 1er proclame « tout homme a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé », ces rencontres parlementaires montrent la voie de la responsabilité à l’industrie chimique.
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