Un "logo unique et très visible pour les produits contenant des substances chimiques dangereuses"...
Les parlementaires du groupe d'étude santé et environnement de l'Assemblée nationale étudient la possibilité de créer un "logo unique et très visible pour les produits contenant des substances chimiques dangereuses", selon sa présidente Nathalie Kosciusko-Morizet. La députée UMP de l'Essonne organisait jeudi les deuxième rencontres parlementaires Santé et Environnement sur le thème "Impacts des pollutions chimiques sur la santé". Selon elle, une proposition de loi pourrait faire référence à un décret énumérant les produits visés, dont la liste serait régulièrement révisée. L'association de consommateurs UFC Que-Choisir avait mis le problème en évidence en publiant, le 22 novembre, les résultats de tests sur 35 produits désodorisants, dont "aucun n'est inoffensif" et parmi lesquels cinq devraient, selon l'association, porter la mention "peut provoquer le cancer". "Lorsque j'ai posé une question au gouvernement sur les désodorisants d'intérieurs, j'ai cité le toluène et le formaldéhyde, et un de mes collègues m'a dit qu'il ne comprenait rien", a témoigné Mme Kosciusko-Morizet, estimant qu'un logo serait plus efficace que la mention en tout petits caractères du nom de la substance sur le produit. Le formaldéhyde, qui vient d'ête classé "cancérigène certain" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), figure dans de très nombreux produits utilisés tous les jours (désinfectants, désodorisants, vernis à ongles etc.) Les ministères de la Santé et de l'Ecologie ont demandé à leurs experts une évaluation du risque d'exposition au formaldéhyde. "Cinq sixièmes des substances chimiques sur le marché n'ont pas été correctement évaluées", a estimé jeudi le directeur général de la Santé William Dab. En dix ans, seulement 14 substances ont été évaluées en France (38 en Allemagne et 23 en Grande-Bretagne), a-t-il précisé, plaidant pour un regroupement des moyens d'expertise en France. Au niveau européen, le programme REACH doit permettre la révision et l'enregistrement de 30.000 substances chimiques. Mais REACH fait face à un lobbying acharné de la part d'industriels de la chimie, qui jugent son coût exorbitant pour leurs entreprises. Le lien entre santé -et notamment cancer- et environnement est encore matière à polémique. Le cancer a progressé de 63% en 20 ans (depuis 1980 en France), et à âge égal, de 35%, sans que le tabac puisse à lui seul expliquer cette augmentation, conviennent les experts. Certains, comme le professeur Dominique Belpomme, vont jusqu'à estimer qu'à côté des 25% de cancers liés au tabac, 75% sont dus à des facteurs environnementaux (virus pour 10%, rayonnement 10% et substances chimiques 55%). Plus prudent, le Plan national santé environnement du gouvernement retient une proportion de 7 à 20% des cancers imputables à des facteurs environnementaux. Le Plan santé environnement prévoit de lancer en 2008 une vaste enquête auprès de 10.000 à 20.000 enfants (de la période anténatale à l'âge adulte) pour décrire leur exposition aux différents polluants et l'impact éventuel sur la santé. © AFP : Dépêche : mpf/bb/av AFP 091511 DEC 04 www.afp.com |